Social et services publics

PROGRAMME SOCIAL
ET SERVICES PUBLICS

Aujourd’hui les choses sont claires : le bien commun, et à travers lui les services publics et l’État-providence sont attaqués. L’assaut est désormais massif et les défenses tombent les unes après les autres. Après des années passées à « affamer la bête », il est commode d’affirmer qu’ils sont trop chers pour les services qu’ils rendent, de les discréditer en asséchant leur financement et de faire croire que des organisations et des assurances privées seront plus efficaces. Ainsi les « bijoux de famille » patiemment bâtis par les impôts des contribuables ainsi que les dispositifs élémentaires de justice sociale et de dignité qui font la fierté de notre pays qui sont l’expression du bien commun mutualisé deviennent progressivement et implacablement les vaches à lait d’intérêts particuliers.

Il s’agit maintenant de refaire la France et la république, c’est-à-dire de rebâtir d’État, son autorité et les libertés publiques, pour remettre son administration au service du peuple et non l’inverse.

Deux défis s’offrent à nous pour cela : réhabiliter et relégitimer le bien commun et réorganiser des services publics bureaucratisés à outrance aux dépens du service lui-même. Le financement nécessaire à leur réhabilitation chaque fois qu’elle est nécessaire se trouve notamment dans le rééquilibrage de notre politique fiscale et la lutte contre l’évasion et la fraude.

Les services publics

La pertinence des PPP (Partenariat Public Privé) devra être évaluée au cas par cas. La règle doit être celle de l’article 9 du Préambule de la Constitution de 1946 qui stipule que « Tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité ».

Ce qui implique, entre autres :

  • La fin du démantèlement EDF et de la privatisation des barrages (voir notre programme Énergie).
  • La fin de la fermeture des hôpitaux et des maternités, pour une meilleure répartition géographique de l’offre de soin (voir notre programme Santé).
  • La renationalisation des autoroutes, la fin du démantèlement et de la mise en concurrence de la SNCF hors fret (voir notre programme Transports).
  • La création d’un service public de l’Internet souverain (voir notre programme Numérique).
  • Des services publics forts au service d’une réindustrialisation réussie.
  • La municipalisation des réseaux d’adduction d’eau.
  • L’annulation de la privatisation rampante de La Poste.
  • Un retour des services de l’État dans les petits villages, avec des conseillers « volants » de tous les services administratifs qui tiendront des permanences dans les mairies.
  • Un audit sur le quadrillage national des crèches publiques, et des aides en faveur des crèches d’entreprises avec un objectif de 200 000 places supplémentaires en 5 ans.
  • Le regroupement des Ehpad publics dans les Hospices de France et un soutien supplémentaire apporté à l’aide à domicile.

Pauvreté

ET MINIMA SOCIAUX

Nous revaloriserons le RSA de 10% et indexerons les APL sur le coût de la vie.

La continuité des services essentiels à la dignité des foyers (électricité, gaz, eau) sera garantie par un fond abondé par l’État et accessible à tous.

Les travailleurs pauvres, au même titre que les autres, bénéficieront d’une hausse de leurs revenus autour de 10% par l’abolition de la CSG et de la CRDS .

Le Plan grande pauvreté de La Concorde Citoyenne (voir notre programme logement) se donne comme objectif de sortir 100 000 sans-abris de la rue, avec les moyens correspondants.

Nous réhabiliterons en outre l’observatoire de la pauvreté supprimé par Emmanuel Macron et mettrons en place l’obligation pour les enseignes de grande distribution de trier les invendus alimentaires consommables en vue d’une redistribution aux associations caritatives et dans le cadre du Plan Grande Pauvreté, sous peine de lourdes amendes.

Le Handicap

Il faut au plus vite cesser la prise en compte du revenu du conjoint pour le calcul de l’allocation adulte handicapé (AAH) et la revaloriser pour ceux qui sont dans l’incapacité de travailler, avec un premier objectif de 1000 francs au lieu de 900.

Les disparités locales doivent être abolies, avec la péréquation nécessaire des dépenses pour que le handicap bénéficie des mêmes prestations d’un département à l’autre.

Les aides aux handicaps comme l’AAH, AEEH, MVA, ASH, PSC, devront se déclencher automatiquement avec le suivi médical, tout comme l’accès prioritaires aux logements et foyers adaptés, pour éviter le manque d’aide par manque d’information. Le versement des prestations sera rationnalisé pour ne plus venir de multiples sources différentes (la Sécurité sociale, plusieurs ministères, l’Agefiph, les collectivités locales, etc.)

Dans le domaine du handicap mental, toutes les associations de famille soulignent et dénoncent la trop lourde charge morale et matérielle qu’elles sont souvent seules à porter, ou qu’elles portent principalement sans reconnaissance sociale, subissant au contraire, elles aussi, les effets de la stigmatisation qui s’attache à la maladie mentale et trop souvent encore une attitude de défiance et de rejet des équipes de soin.

On estime à environ 700 000 le nombre de personnes ayant un trouble du spectre autistique en France, avec un manque criant d’AVS et de structures spécialisées, et des délais d’attente de longue durée dans les MDPH. Ceux qui peuvent avoir un vrai parcours ne doivent pas être relégués dans des foyers sans issue. Même ceux affichant des troubles parfois importants peuvent en évoluant en milieu ordinaire avec un bon encadrement vivre une vie presque normale.

Nous devons construire davantage de MAS (maisons d’accueil spécialisées) pour les TSA, les polyhandicapés, les troubles neurologiques, psychiques et associés. Cela requiert plus de personnels et d’équipement pour les chambres, le matériel, les occupations et les sorties. Nous manquons aussi de Foyers de vie (pour adultes) et de Foyers d’accueil médicalisés (FAM). Il faut revoir le nombre de structures et leurs spécificités selon les départements de façon à ce que les personnes handicapées ne soient plus séparées de leurs familles, sauf si celle-ci n’en n’ont pas.

Les travailleurs sociaux sont les oubliés du système : assistantes sociales, éducateurs, moniteur, aide-médico-psychologique, aides à domicile, AVS, mais aussi tous les autres emplois d’aide à la personne (jardiniers, femme de ménage, orthophoniste, infirmières, aides-soignantes, etc.). Les salaires au minimum ne leur permettent pas une vie décente alors qu’ils sont au cœur de l’humain. Il faut améliorer la vie au travail pour éviter le stress, la perte de l’éthique, la perte de sens, la démotivation et retrouver les valeurs du monde du social pour lequel tous les travailleurs se sont engagés.

  • Concernant le service des tutelles, par exemple, chaque agent doit aujourd’hui traiter entre 50 et 60 dossiers.
  • Faute d’AVS, d’AESH et de CLIS (classes pour l’inclusion scolaire) en nombre suffisant, de trop nombreux enfants n’ont pas accès à l’école.
  • Malgré la création de la MDPH, les parcours sont toujours beaucoup trop longs et semés d’embûches, ce qui coûte énormément à la Sécurité sociale en hospitalisations qui pourraient être évitées et en congestion des urgences psychiatriques.
  • Les Ehpads devront prévoir des unités pour personnes handicapées psychiques vieillissantes autonomes, car elles sont beaucoup plus jeunes à l’admission et la dérogation d’âge est souvent refusée.

Dans les HDJ (Hôpitaux de Jour), CATTP (Centre d’Accueil Thérapeutique A Temps Partiel), les CMP (Centre Médicaux Psychologiques) et l’UTAFA (Unité Thérapeutique d’Accueil Familial Adulte), on embauche trop peu de moniteurs-éducateurs et d’éducateurs spécialisés. Cela permettrait de garder plus d’infirmières sur l’intra hospitalier où il en manque, tout en proposant des binômes infirmières/travailleurs sociaux sur l’extra hospitalier. Le statut des Aidants familiaux, qui parfois quittent leur travail pour aider leur conjoint ou leur enfant, doit être valorisé, notamment car il évite l’emploi d’une personne.

Notre nation doit tout d’abord proposer suffisamment de logements adaptés pour les personnes âgée ou atteintes d’une infirmité motrice (rez-de-chaussée, rampe, portes, douche, toilettes, lit…). Certains départements franciliens disposent déjà d’une équipe dédiée avec des ergothérapeutes spécialisés dans l’aménagement (L’ADIAM). La domotique et les objets connectées doivent permettre également le maintien à domicile, comme l’allumage automatique, le contrôle de l’électrique, l’alarme en cas de chute ou d’absence de réaction.

La politique d’accessibilité doit être poursuivie et accrue dans les services publics, les aménagements urbains et les transports en commun, ainsi que dans les commerces sans imposer des contraintes absurdes lorsque l’aménagement est manifestement impossible ou trop onéreux.

La question

DES VIOLENCES

Enfance

Le problème de l’enfance en danger doit être traité dans notre pays, par les enquêtes et les dispositions nécessaires à la fin des placements abusifs, associée à un audit complet des centres d’accueil de l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Les contrôles devront être considérablement renforcés pour éviter les séparations décidées selon des motifs technocratiques et financiers suivant des règles qui manquent cruellement d’humanité, et le suivi resserré sur les foyers et les familles d’accueil. Des enquêtes et des poursuites, soutenues par des moyens renforcés, seront diligentées pour mettre au clair certaines suspicions très graves.

Violences intrafamiliales, viols, catastrophes, enfances maltraitées : si nous avons des structures en Île-de-France et dans les grandes villes, c’est le désert dans les provinces. Il est difficile de trouver un lieu d’écoute, psychologue, psychiatre qui s’occupe de la victimologie, y compris des associations à part France Victimes. Suite à la crise sanitaire, les violences intrafamiliales ont augmenté ainsi que les féminicides. Il faut rouvrir les centres d’aide pour les femmes qui ont été fermés par ce gouvernement, et construire de nouveaux hébergements pour les femmes victimes de violences, car certaines se retrouvent dans des hôtels délabrés, mal fréquentés et se sentent en danger. Il faut plus de centre d’écoute dans les provinces. Il arrive que certains Restos du cœur y pallient avec des bénévoles non formés.

Les questions sociétales

ET BIOÉTHIQUES

Le fait minoritaire ou atypique doit toujours être respecté à titre particulier, c’est la condition d’une démocratie saine où chacun est pris en compte pour ce qu’il est. Il ne saurait pour autant impacter systématiquement la majorité de façon disproportionnée, comme par exemple des modifications du type parent 1 et parent 2.

Nous supprimerons par conséquent les mentions « parent 1 » et « parent 2 » des documents d’état civil ce qui, avec la prise en compte de l’adoption par les couples de même sexe aboutit à trois formulaires différents en fonction des cas : « père/mère », « père 1/père 2 », « mère 1/mère 2 », avec le géniteur ou la génitrice mentionné(e) dans les deux derniers cas s’il ou elle le souhaite.

Enfin, nous donnerons le dernier mot aux Français par référendum, concernant l’introduction de l’euthanasie et l’interdiction de la marchandisation du corps de la femme (GPA), avec des amendes dissuasives proportionnelles aux revenus pour ceux qui feraient faire leur enfant à l’étranger.

Voici le programme pour le Social et les Services Publics créé par les citoyens de plusieurs collectifs réunis dans La Concorde Citoyenne.
Il est défendu par Fabrice Grimal aux élections présidentielles de 2022.