Santé

Le « programme des programmes » prend acte des polémiques et des controverses dues à la récente crise du coronavirus. Les volte faces absurdes d’un gouvernement aux abois et les décisions prises dans le secret d’un Conseil scientifique en vase clos et d’un état d’urgence sanitaire qui a mis sur « pause » ce qui restait de démocratie dans notre pays, dessinent les contours d’un nouvel État totalitaire, d’une biopolitique qui utilise la peur de la mort pour empêcher les gens de vivre.

Les leçons à tirer de cette crise sont nombreuses. Qu’il s’agisse de la souveraineté sanitaire à reconquérir dans un pays qui ne disposait d’aucun stock stratégique de matériel ou de médicaments au début d’une pandémie somme toute maîtrisable, des interventions (parfaitement prévisibles) de l’Union européenne, inutiles quand elles ne sont pas délétères, ou bien l’utilité retrouvée des frontières que tous les pays d’Europe ont rétablies avant le nôtre, qu’il s’agisse de l’état de délabrement de notre hôpital public et en même temps la bravoure d’un personnel soignant qui ne reçoit jamais la juste rétribution pour ses efforts, les récents événements dessinent un ensemble de mesures à prendre d’urgence.

À commencer par la garantie de la liberté de prescrire, de la liberté vaccinale et du secret médical. C’est la spécificité du lien entre un médecin et son patient qui a volé en éclat à l’occasion de cette crise du Covid, au mépris de plusieurs siècles d’éthique de la pratique médicale.

Une pratique le plus souvent orientée vers la pathologie plutôt que vers la santé proprement dite, une politique d’accompagnement des symptômes ayant depuis longtemps pris le pas sur les éléments de prévention, les traitements adéquats et l’éducation à la santé.

La politique

DE SANTÉ PUBLIQUE

La crise du Covid en a été le parfait révélateur : la santé ne doit plus être considéré comme un coût contraint ni être soumise au pouvoir économique. Ce dernier y trouvera malgré tout son compte, la santé des Français est productive et la qualité du système qui la garantit est un élément d’attractivité important pour notre territoire.

La suppression des régions entraînera la suppression des agences régionales de santé (ARS), trop centralisées et déconnectées de leurs territoires selon la commission d’enquête parlementaire du Covid, au profit d’une gestion départementale sous la direction des préfets.

La composition de l’ordre des médecins doit être revue par le moyen du tirage au sort qui désignera plusieurs médecins de chaque spécialité pour y siéger, sous la supervision de l’Autorité de Justice indépendante. L’Ordre ne doit pas être une autorité morale qui décide ce qui est médecine ou pas, et laisser ce rôle à l’Académie de médecine.

La prévention

Une véritable politique de santé doit prendre en compte le rôle capital de la prévention dans l’approche d’une santé publique digne de ce nom. La prévention découle naturellement des causes bien établies d’une majorité de maladies considérées comme « maladies de civilisation » ou encore maladies chroniques. Il faut déployer les mesures de santé publique qui s’imposent et qui manquent cruellement aujourd’hui.

Le gouvernement lancera par conséquent une mission spéciale sur les conséquences de la pollution, de l’alimentation et du travail sur la santé.

La mauvaise alimentation est l’une des principales causes d’une épidémie mondiale de maladies chroniques dont l’ampleur et le coût économique et social doivent alerter les pouvoirs publics. 20 millions de Français sont concernés, pour plus de la moitié des dépenses de la branche maladie. Le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur le sujet en 2018 pointe que 36% des décès seraient indirectement ou directement attribuables à une mauvaise alimentation.

Les conséquences de la malbouffe (dont le diabète de type 2), du stress, de la sédentarité et des pollutions atmosphériques ou agricoles (le chlordécone en tête) devront être évaluées le plus précisément possible pour identifier les causes et les effets et permettre l’application des solutions adéquates. Entre autres, des programmes de recherche sur les effets cocktails induits par les divers produits présents dans les produits de consommation devront être menés.

Les remèdes

L’absence de souveraineté et de résilience sanitaire de notre pays a été cruellement mise en lumière par le coronavirus.

La création d’unités publiques de production de médicaments de première nécessité en vue d’une autosuffisance sanitaire est une exigence impérieuse, de même que la relocalisation des productions de médicaments et de principes pharmaceutiques.

L’autosuffisance doit s’accompagner d’une ouverture aux médecines alternatives qui ont fait leur preuves (médecines chinoise, indienne, amazonienne, africaine…) par la création d’un CHU dédié aux médecines du monde dont chaque branche sera animée par des spécialistes invités à venir pratiquer et former dans notre pays.

Il nous faudra aussi :

  • Intensifier l’effort de recherche sur les phages pour contrecarrer la baisse d’efficacité des antibiotiques, avec une recherche accrue et des formations aux traitements micro et probiotiques.
  • Faire l’état des lieux de la télémédecine.
  • Mettre fin à la mise en concurrence par l’Europe de la vente de plasma thérapeutique qui fragilise l’Établissement pour le don du sang.

Les vaccins

Pour ce qui concerne l’épidémie de Covid, aucune obligation vaccinale ne devra être imposée et le « pass sanitaire » supprimé. La France devra pouvoir fournir à ceux qui le souhaitent la totalité des vaccins du marché, sans faire de la vaccination un passage obligé pour voyager, travailler ou profiter de ses loisirs (cinéma, théâtre, concerts, etc.).

  • Faute d’une information suffisante à ce stade, les vaccins expérimentaux seront soumis à la même méfiance que celle subie par les divers traitements proposés contre le Covid.
  • Les fabricants de tous les autres vaccins existants devront proposer des formules sans aluminium.
  • Le décret rendant obligatoire l’injection de onze vaccins à tous les enfants sera abrogé, avec le retour au DTP obligatoire, qui devra être proposé dans sa formule trivalente.

Le soutien aux personnes en situation de handicap

Revalorisation de l’allocation aux adultes Handicapés (AAH) et indexation sur l’indice des prix à la consommation hors tabac de l’INSEE. Le revenu du conjoint ne doit plus être pris en compte dans le calcul de l’AAH.

  • Titularisation et recrutement en nombre suffisant des personnels d’accompagnement des élèves en situation de handicap (AESH).
  • Reconnaissance par la CPAM (Assurance Maladie) de toutes les maladies et pathologies reconnues par l’OMS (Fibromyalgie, SEP, maladie de Lyme, pathologies rhumatismales, etc.).
  • Attribution de l’ALD (affection de longue durée) pour toute maladie invalidante et reconnue comme telle par l’OMS.
  • Uniformisation des critères de prise en charge entre les départements (« nous ne sommes pas plus ou moins invalide d’un département à l’autre »).
  • Création d’un statut d’aidant issu de la parentèle donnant des droits auprès de la Sécurité sociale et auprès de l’employeur (autorisations d’absence, aménagements du temps de travail).
  • Au-delà de l’intégration sociale et économique des handicapés, mise en œuvre d’une politique dédiée aux personnes sujettes à des handicaps « non visibles » : aveugles, sourds, muets…
  • Eradication du maquis administratif imposé aux personnes handicapées. Cette usine à gaz est de plus complexifiée par le fait que les prestations, les prestataires et intervenants sont rémunérés soit par le ministère de la Santé, soit la Sécurité sociale, le ministère de l’Éducation nationale, les collectivités locales, les mutuelles, ou encore l’AGEFIPH (Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées). Nombre de ces établissements affichent souvent des listes d’attente qui se comptent en années.

Grand âge et dépendance

La priorité doit être donnée à la facilitation de l’aide à domicile pour que les personnes âgées puissent rester le plus longtemps possible chez eux.

  • Le réseau des Ehpad publics sera regroupé dans les « Hospices de France » et les Ehpad privés soumis à des contrôles accrus.
  • Les MARPA, résidences d’autonomie à taille humaine, devront être multipliées.

La médecine du travail

La fréquence des visites réglementaires (passées de 2 à 3 ans sous Macron) sera augmentée, avec une visite annuelle à partir de 40 ans.

  • Les médecins du travail alimenteront en données médicales un carnet de pénibilité et de risques cumulatifs attribué à chaque salarié lors de son premier emploi en vue de sa valorisation lors de son départ à la retraite ou d’un litige avec un employeur ou une compagnie assurance.
  • Nous réactiverons les CHSCT (indépendants du CSE) en lieu et place des CSSCT, inclus dans le CSE.
  • Coordination entre le médecin conseil et le médecin du travail pour ne pas avoir à faire à deux administrations différentes qui ne se parlent pas.

Les questions bioéthiques

Pour que les Français aient le dernier mot, l’interdiction de GPA pour proscrire la marchandisation du corps des femmes ainsi que l’autorisation de l’euthanasie seront soumises à référendums, avec l’inscription dans la Constitution de l’interdiction de tout procédé de traçage individuel intracorporel (type puce RFID). Toute implantation de technologies numériques (hors régulateurs cardiaques ou hormonaux) devra être encadrée.

Les applications des biotechnologies ne devront concerner que des menées strictement thérapeutiques. Les perspectives transhumanistes et autres améliorations artificielles issues de ces techniques seront réputées illégales.

Sauver

L’HÔPITAL PUBLIC

Le budget nécessaire (5 milliards de francs supplémentaires chaque année) doit être investi pour le sauvetage de l’hôpital public et de ses personnels.

Chaque hôpital sera autonome et son budget fixé au prorata de son bassin de population pour éviter les effets pervers, la politique incitative de la facturation à l’acte (T2A) n’en représentant plus qu’une part réduite (de l’ordre de 25%).

Associée aux fusions d’établissements hospitaliers, la politique des flux tendus et stocks zéro doit prendre fin, et l’hôpital doit même devenir une antenne de stockage des produits de première nécessité en vue d’une autosuffisance sanitaire.

Chaque bassin de vie doit être doté d’un plateau chirurgical hospitalier minimal, avec une maternité et la garantie des premiers soins chirurgicaux pour les urgences les plus répandues et les traitements lourds les plus récurrents (dialyses, chimiothérapies…). Nous ne procéderons pas aux fermetures envisagées d’hôpitaux, maternités et services d’urgence. Les besoins médicaux des départements d’outre-mer feront l’objet d’une attention particulière.

La crise du coronavirus n’a pas rendu les soignants héroïques, elle a simplement mis en lumière leur compétence et leur dévouement au quotidien, des valeurs et un professionnalisme qui n’ont pas attendu la pandémie. Les personnels soignants (hors chirurgiens et anesthésistes) doivent voir leur salaire réévalué, ainsi que celui des internes avec la prise en compte des actes exécutés en autonomie.

De nouveaux lits devront être ouverts et répartis sur le territoire national, Métropole et Outre-mer, en fonction des besoins. Il y a 20 000 emplois à créer dans le secteur hospitalier (médecins, infirmiers, personnels soignants ou autres) et des moyens matériels à améliorer.

En cas de pénurie ponctuelle de personnels, il faut permettre aux soignants jeunes retraités de se mettre à disposition de la réserve hospitalière nationale.

Enfin, un effort spécial doit être accompli sur les services de psychiatrie, et le développement des services de psychologie en milieu hospitalier pour des accompagnements de parcours de soins plus accessibles.

La médecine

DE VILLE

En pleine crise du Covid, la réaction injustifiable du gouvernement nous oblige à réaffirmer et assurer la liberté de prescrire, le secret médical et l’exclusivité du lien entre un patient et son médecin. C’est ce dernier et non l’État qui est habilité à produire un diagnostic et à proposer ce qu’il juge être le meilleur traitement à sa disposition.

La formation continue des médecins sur les nouveaux traitements devra être assurée par les facultés et non par les laboratoires.

Pour garantir l’égalité entre les territoires, nous mettrons en place un plan de lutte contre les déserts médicaux, avec une politique de création de maisons de santé pluridisciplinaires (médicales et paramédicales) dans les petites communes. Nous améliorerons de même le réseau de dispensaires ouverts à tous, associés aux structures d’aides aux démunis.

À la revalorisation du prix de la consultation des médecins généralistes s’ajoutera une prime pour ceux qui s’installent dans les déserts médicaux. La détente progressive du Numerus Clausus permettra de disposer d’un nombre plus important de praticiens.

La Sécurité

SOCIALE

Nous préserverons la Sécurité sociale dans son financement, la microtaxe sur les transactions financières compensant l’abolition de la CSG et de la CRDS.

Nous proposons de poursuivre l’objectif d’une « sécurité sociale intégrale ». L’accroissement de la couverture universelle via la Sécurité Sociale réduira la pertinence des mutuelles, l’assurance publique reviendra moins cher que le secteur privé (et ses profits importants) pour la plupart des Français. Nous commencerons par l’augmentation progressive de la part des remboursements des soins dentaires et optiques pour tendre vers une prise en charge des soins essentiels à 100%. Le financement de ces mesures sera assuré par les économies réalisées sur les millions de cartes Vitale surnuméraires.

Il est temps de réaliser la fusion des différents régimes de Sécurité sociale, y compris les actifs de l’agriculture, les fonctionnaires et les travailleurs indépendants, ce qui implique la disparition du RSI.

Nous devrons en outre :

  • Habiliter l’ostéopathie dans le cadre de la Sécurité sociale.
  • Arrêter la vague de déremboursement des médicaments tout en renégociant certains prix avec les laboratoires, notamment pour ce qui concerne les rentes macabres et les médicaments largement rentabilisés.
  • Autoriser la vente de médicaments à l’unité en fonction des prescriptions.

Les rapports entre l’État

ET LES GRANDS LABORATOIRES

Le but de la Sécurité sociale n’est pas de garantir des rentes à l’industrie pharmaceutique. La crise du Covid a mis l’accent sur les risques de conflits d’intérêts qui doivent être réglés drastiquement.

Les laboratoires doivent être complètement exclus des organismes de décision (surtout à l’Agence française du médicament) à des fins d’indépendance, de lutte contre le lobbying et d’éradication des conflits d’intérêts.

Les relations entre laboratoires, médecins et organismes de santé publique doivent être plus strictement réglementées, notamment lors des phases de test pour les autorisations de mise sur le marché (AMM) dont les procédures devront être révisées afin de garantir l’indépendance absolue des experts sollicités.

En outre :

  • L’injonction doit être faite aux laboratoires dépositaires de produire à nouveau certains médicaments, ou d’en retrouver l’ancienne formule plus bénéfique (comme dans le cas du Lévothyrox).
  • Le brevetage par les labos privés des résultats de recherches menées par des structures publiques doit cesser. Les recherches issues du public sont un bien patrimonial que le privé peut utiliser en payant un loyer sans se l’approprier.
  • Les fausses nouveautés visant à contourner les médicaments génériques devront être combattues.

 

Voici le programme pour la Santé créé par les citoyens de plusieurs collectifs réunis dans La Concorde Citoyenne. Il est défendu par Fabrice Grimal aux élections présidentielles de 2022.